Les plumesElles distinguent les oiseaux des autres vertébrés. Ce sont les revêtements corporels les plus complexes, les plus chauds et les plus décoratifs du monde animal. Comme on l'a vu plus avant, ce n'est pas pour voler que certains dinosaures avaient des plumes mais c'est parce qu'ils avaient déjà des plumes qu'ils ont pu voler...... On peut supposer que la première motivation était pour ces valeurs thermiques à moins que se soit pour séduire ces dames ? Personne n'est sait rien à l'heure actuelle....
60 - Le plumage remplit beaucoup de fonctions essentielles. Comme les mammifères, les oiseaux sont des animaux à sang chaud qui ont besoin de maintenir une température corporelle constante malgré les conditions environnementales variables. Il protège du froid, du chaud, du vent, de la pluie et même des blessures. Il définit la forme externe de l'oiseau qu'il peut modifié en une silhouette aérodynamique pour le vol ou gonfler en une masse plus volumineuse devant une menace. En plus de le couvrir, le plumage fournit à l'oiseau des couleurs dont le rôle social est très important et il peut en outre lui permettre de se camoufler. Et bien sûr il lui permet de voler !
Tchitrec d'Afrique - EthiopieFichier(s) joint(s):
16032911365536493.jpg [ 33.33 Kio | Vu 1761 fois ]
61 - Les
plumes de contour ou
pennes comprennent les plumes de vol (
rémiges sur l'aile et
rectrice sur la queue), et les plumes du corps (
tectrices). Se sont ces plumes qui donnent à l'oiseau sa silhouette et sa coloration. Une plume typique possède une tige (hampe ou rachis) qui porte l'
étendard ou
vexille, c'est à dire la partie étalée de plume, dont la moitié externe (tournée vers l'extrémité de l'aile) est généralement plus étroite que la moitié interne (tournée vers la base de l'aile), en particulier sur les plumes de vol. Les
barbes et les
barbules finissent cet outil complexe qui permet à la fois d'être solide et souple pour endurer toutes les contraintes du vol.
Jacana à poitrine dorée - SénégalFichier(s) joint(s):
160329114529335685.jpg [ 94.22 Kio | Vu 1761 fois ]
62 - Les
plumes de duvet au contraire des plumes de contour possèdent une courte hampe ou en sont dépourvues. Les barbes plus souples sont libres au lieu d'être solidaires. Elles ne forment pas d'étendard mais une couche épaisse, isolante.
Ensuite nous avons les
filoplumes qui ressemblent à des poils. Elles possèdent une longue hampe et se terminent par une petite touffe de barbes. Ce sont les seules plumes non actionnées par les muscles. Les scientifiques pensent qu'elles ont une fonction sensorielle et qu'elles renseignent l'oiseau sur la position de leurs plumes de contour autour desquelles elles sont implantées. Ils pensent aussi qu'elles pourraient servir à replacer les plumes lorsque l'oiseau se secoue, prend un bain, se toilette etc....
Bubul du Cap - Afrique du sudFichier(s) joint(s):
160329114717793521.jpg [ 36.86 Kio | Vu 1761 fois ]
63 - Et pour finir, de nombreux oiseaux possèdent des
vibrisses, appelées aussi plumes
sétiformes. On les trouve souvent sur le front et les commissures des yeux et au coin du bec. Elles ressemblent à de longs cils et sont des récepteurs sensoriels. Les chouettes qui sont (probablement) presbytes ferment les yeux lorsqu'elles attrapent une proie dans le bec et la "touche" avec leurs vibrisses.
Les barbicans qui ont les vibrisses très développées doivent d'ailleurs leurs noms à ces « poils ».
Barbican bidenté - EthiopieFichier(s) joint(s):
160329114922819070.jpg [ 48.61 Kio | Vu 1761 fois ]
64 - Il a fallut un certain temps avant que des scientifiques courageux s'attellent à compter les plumes sur différentes espèces d'oiseaux (dans la plupart des cas, le comptage ne concerne que les plumes de contour). Il ressort que les oiseaux d'eau en possèdent beaucoup plus, ce qui est très logique puisqu'elles ont (entre-autres) l'importante fonction d'isolant. Sur ces mêmes oiseaux d'eau, ces mêmes comptages montrent que le nombre de plumes est beaucoup plus important sur le ventre que sur le dos de l'oiseau. Par exemple le canard col vert à 126 plumes au centimètre carré sur le ventre alors qu'il n'en a que 47 sur le dos. La buse, qui n'est pas sensé se mouiller plus que çà, a presque le même nombre de plumes sur le ventre que sur le dos (toujours au cm2) : 52 et 46, un ratio à peu près identique que l'on retrouve sur d'autres oiseaux non aquatiques.
Quelques exemples du nombre de plumes de contour. Chez le cygne de Bewick : 25216 plumes, le cincle plongeur possède 4638 plumes, l'hirondelle rustique 1500 et enfin le colibri à gorge de rubis : 640 plumes qui pèsent 3gr.....
Ouette d'Egypte - EthiopieFichier(s) joint(s):
160329115130573302.jpg [ 37.13 Kio | Vu 1761 fois ]
65 -
La couleur des plumesIl y a d'abord les pigments mélaniques qui sont produits par la peau sous contrôle hormonal. Ils donnent des couleurs allant du noir (eumélanines) au jaune brun clair (phéomélanines). Ensuite il y a les caroténoïdes qui sont entretenus par l’alimentation (comme les Flamants qui mangent l'artémia salina) et qui donnent des couleurs jaune, orange ou rouge.
Mais nous verrons aussi à la fin qu'il faut rester prudent avec les affirmations présentées jusqu'ici dans les livres. Mais pour l'instant tenons nous en à ce qui était.
Bruant à poitrine dorée - KrugerFichier(s) joint(s):
160329120813531543.jpg [ 53.55 Kio | Vu 1761 fois ]
66 - On a vu que les
pigments mélanines sont synthétisés par l’oiseau. Et il est intéressant de noter que certains de ces pigments sont exclusifs à certaines espèces. Par exemple les Psittacidae synthétisent la psittacofulvine rouge et les touracos créent deux pigments contenant du cuivre, la
touracine rouge (rouge présent dans leurs ailes), et la
touracoverdine, qui est le seul vrai pigment vert connu chez les oiseaux.
Touraco à joues blanches - EthiopieFichier(s) joint(s):
160329015448244584.jpg [ 87.47 Kio | Vu 1761 fois ]
67 - Ensuite nous avons les
couleurs structurales qui sont plus ou moins brillantes, lumineuses, en fonction de l’inclinaison.
Le vert et le bleu viennent de la structure des barbes, qui réfléchissent les radiations bleues de la lumière et laissent passer les autres radiations du spectre. (Il existe aussi des mélanines ou des caroténoïdes qui peuvent modifier le vert en vert olive ou en vert vif).
Les iridescences (colibris, canards, souimangas, guêpiers....) sont liées au réseau des barbules qui crée des interférences lumineuses provoquant des effets proches des couleurs de l'arc-en-ciel.
Enfin, la disposition du plumage peut avoir une influence sur l'aspect terne ou luisant. Des plumes à plat donnent une couleur brillante, des plumes courtes perpendiculaires au corps donnent une couleur veloutée etc.....
Souimanga à tête verte - OugandaFichier(s) joint(s):
160329121334284905.jpg [ 72.36 Kio | Vu 1761 fois ]
68 - Et enfin la coloration peut être
cosmétique.
En effet elle peut venir de l'application faite par l'oiseau lui-même d'une substance colorante produite par la
glande uropygienne. C'est ainsi que les pélicans blancs et certains laridés prennent une jolie teinte rose ou jaune.
Et venir d'une origine externe. On pense tout de suite aux plumes rousses du ventre des gypaètes qui sont à l'origine d'un blanc presque immaculé. Mais aussi aux ventres roux des canards pilets qui hivernent en Afrique où les eaux chaudes développent des bactéries qui donnent ces teintes.
Pélican blanc - SénégalFichier(s) joint(s):
160329122357225707.jpg [ 88.03 Kio | Vu 1761 fois ]
69 - Mais une fois encore les progrès de la science chamboulent les acquis. Des scientifiques de l’université de Sheffield, en Angleterre, ont découvert récemment pourquoi les martins-pêcheurs sont turquoises, les rouges-gorges rouges et les geais bleus. Le motif coloré d’une aile d’oiseau n’aurait rien à voir avec les pigments et serait plutôt lié à la structure des plumes à l’échelle du nanomètre. En effet, les geais ne virent jamais au gris avec l’âge (comme nous

) parce que leur couleur repose sur une manipulation de la lumière et non sur une goutte de colorant naturel qui s'altère avec le temps.
Encore une fois, ces recherches pourraient bien évidement s’avérer utiles pour les fabricants de tissu et de peinture....... Donc à suivre !
Choucador de Rüppel - EthiopieFichier(s) joint(s):
160329020424685241.jpg [ 47.81 Kio | Vu 1761 fois ]
70 -
Publié le 24-12-2015 à 09h00 sur Sciences et avenir"
Les scientifiques ont découvert de minuscules trous au niveau des barbules de la plume. Ces structures sont formées grâce à un réseau construit par la kératine. L'ensemble de la surface paraît spongieux, avec des trous de tailles variables. Lorsque la lumière atteint l'un des trous, elle est réfléchie différemment suivant le diamètre de celui-ci, ce qui permet une modification de la longueur d'onde du faisceau lumineux et donc l'obtention de couleurs différentes. Par exemple, des trous qui mesurent 150 nanomètres vont induire une coloration bleue au plumage alors que des trous de 200 nanomètres vont lui donner une coloration blanche. Pour certaines teintes, le réseau de kératine ne suffit pas. Afin d'obtenir une coloration noire ou tout du moins plus sombre, de la mélanine est nécessaire. La couleur la plus difficile à obtenir pour le plumage est le vert car il faut des trous d'un diamètre adéquat en plus de pigments jaunes. "
Merci d'avoir passé quelques minutes avec le monde fascinant des oiseaux, à bientôt.
Spéo améthyste - Kruger