Merci Seb avec beaucoup de retard.
A mon tour, je vous présente un petit résumé de mon brame 2023 qui sera décliné en 4 MAJ. J'ai passé 3 semaines dans les Pyrénées, du 18 septembre au 7 octobre, en tête-à-tête avec moi-même, avec un seul but : assouvir ma passion pour les cerfs.
Si mon bilan photographique est satisfaisant, je dois tout de même modérer cet enthousiasme pour plusieurs raisons.
Dans les points positifs, je mettrais le beau temps, pas une seule goutte de pluie pendant 3 semaines, chose qui ne m'est jamais arrivé depuis 30 ans que je fréquente ce secteur, les photos, les observations et la tranquillité, car à part quelques bergers, je n'ai rencontré ni vu personne.
Dans les points négatifs, je noterais, comme tout le monde, la chaleur excessive qui n'a pas notablement impacté l'intensité du brame pour moi. Par contre, ces températures anormalement douces ont beaucoup modifié les comportements des animaux. Ainsi sur les 7 places de brame que j'utilise habituellement, seules 2 étaient exploitables cette année. Sur les 5 autres, les animaux avaient investi les crêtes, vers 2300m, 2400m, et ne redescendaient jamais. Ils étaient très faciles à observer aux jumelles, mais inapprochables et il m'était impossible d'aller monter un affût sans les déranger.
Une deuxième constatation, beaucoup plus dramatique est la modification du comportement des sociétés de chasse. Pour faire simple, depuis une quinzaine d'années, ces sociétés de chasse vendent à des chasseurs non-locaux, leurs bracelets cerfs (1500 à 200 euros pièce) afin de financer l'achat de la totalité des bracelets attribués à la société, les permis de chasse des adhérents, leurs gueuletons et l'ouverture de nouvelles pistes (qui leurs sont réservées) pour agrandir leur territoire de chasse accessible sans efforts. Inutile de vous dire que ceux qui déboursent de telles sommes ne viennent pas là pour tirer un daguet... Cela se traduit par un écrêtage dramatique de la pyramide des âges chez les mâles. Alors l’espèce cerf n'est pas en danger, car il y a encore beaucoup d'animaux, mais la plupart des places de brames sont maintenant tenues par des gamins de 4 à 6 ans qui n'ont rien d'un maître de place.
Une troisième chose, beaucoup plus futile est que l'horloge du temps tourne pour tout le monde et que je n'ai plus les capacités physiques d'antan. Je me suis donc adapté et au lieu de faire un affût le matin, du lever du jour à 11h 00, de redescendre à la voiture, de casser la croûte et de repartir me poster de 16h 00 à la tombée de la nuit, j'ai décidé de supprimer l'affût du matin. Je prenais ma matinée tranquille pour monter afin d'être installé à 12h 00 et je restai à l'affût jusqu'à f/2.8 ; 3200 isos ; 1/125ème, soit environ 19h 45. Même en procédant ainsi, je dois avouer que je suis rentré à la maison vidé, aussi bien physiquement que nerveusement, car 7 à 8h d'affût journalier cela use aussi.
Après ces considérations, je vous annonce que c'est très certainement le dernier brame complet dans les Pyrénées que je vous présenterai. Pour ceux à venir, je pense faire 3 semaines en moyenne montagne avant d'aller passer la seconde semaine d'octobre, par nostalgie, dans ce merveilleux décor pyrénéen. Le propriétaire du gîte où je loge depuis 30 ans, devenu un ami, m'a confirmé que ça bramait encore bien le 17 octobre en altitude ce qui me permettra d'exploiter 2 lieux différents à l'avenir, comme je le faisait auparavant, 15 jours en Normandie et 15 jours dans les Pyrénées.
Après cette analyse, passons aux images et pour changer des autres compte-rendu sur le brame, j'ai choisi de faire la synthèse du résultat de 12 affûts sur la même place de brame et de vous faire partager mes observations et ainsi de tenter de vous illustrer la vie d'une place de brame.
Photo : 1057 « Sous les feux de la lune »
Voici ce que je vois depuis mon affût (photo faite au 300mm).
Un des grands bonheurs du brame en montagne, c'est d'avoir une vue très étendue et de suivre des comportements qu'on ne peut pas voir ou imaginer en forêt.
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Photo : 1058 Après quelques jours de prospections et de recherches, j'ai enfin vu arriver, devant l'affût, un cerf digne d’être un maître de place. Sans être exceptionnel, il est tout de même respectable. Après cette trouvaille, je ne me suis plus posé de question et j'ai consacré les 12 affûts suivants, à ce cerf. Le programme était simple : départ à 8h 00, 30 minutes de voiture, 20 minutes de vélo et 2h 15 de marche en légère montée. Le temps d'accrocher ma toile, j'étais prêt à 12h 00 pour la pause casse-croûte.
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Photo 1059 Tout ce compte-rendu se déroulera sur le versant sud d'une petite vallée d'altitude, le ruisseau qui coule en bas est à environ 1600m et les pelouses, de part et d'autres, culminent à 2000m. J'ai baptisé cette pelouse sud : la pelouse de la pyramide rouge dans mes carnets de terrain, mais cela, vous l'aviez deviné en voyant la photo !
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Photo : 1060 Pour les 2 premiers affûts, je choisis de rester assez loin pour évaluer les forces en présence et pour appréhender au mieux les habitudes des animaux présents, comme celles de ce jeune cerf par exemple.
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Photo : 1061 Parmi les 7 cerfs satellites que je dénombrerai, un seul cerf presque adulte, 5 ou 6 ans, celui-ci.
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Photo : 1062 Tous les autres ne sont que des gamins, accompagnés ou non de biches. Celui-ci sort du ruisseau où il vient de se souiller.
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Photo : 1063 Les nombreuses traces de boue sur le pelage montre bien la fréquentation assidue des souilles.
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Photo : 1064 Celui-ci, je l'ai appelé : le voyageur.
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Photo : 1065 Alors, pourquoi le voyageur, et bien parce que durant les 7 premiers jours, je l'ai vu apparaître vers 14h 00, bramant sur la crête en face de moi, au premier plan sur la photo, située à environ 900m à vol d'oiseau.
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Photo : 1066 Ensuite, il descendait la pelouse aux points blancs (des moutons) jusqu'au ruisseau, le remontait sur environ 500m avant de grimper sur la pelouse de la pyramide rouge jusqu'à ce petit replat où souvent des biches étaient couchées. Ce trajet lui prenait à peu prés 1h 45. Voilà l'exemple type d'observation qu'il est impossible de faire en forêt.
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Photo : 1067 Ma position en retrait me permettait de voir cohabiter sur la pelouse de la pyramide rouge 3 ou 4 groupes d'animaux. Lorsque le maître de place arrive, vers 16h 30, ce fragile équilibre est vite chamboulé.
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Photo : 1068 La plupart du temps, un seul raire suffit à mettre en fuite tous ces petits cerfs satellites.
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Bien entendu, tous ces petits cerfs ne sont pas venus chaque jour. Celui de 5 ou 6 ans, par exemple, n'est venu qu'une fois. J'imagine qu'il a dû, sans mal, dénicher un coin tranquille, fréquenté par quelques biches, pour régner sans concurrence en maître, conséquence de la rareté des grands cerfs, et assouvir ainsi sa soif de reproduction.
Le plus fidèle fut sans contestation possible « le voyageur » qui est venu les 7 premiers jours avec une régularité de métronome. Pour les autres, je les apercevais régulièrement en train de descendre vers le ruisseau, de le traverser et d'aller brouter sur le versant nord. Dès le 3ème jours, ils étaient tous résignés et ne mettaient pratiquement plus un pied sur la place de brame ou alors en faisant profil bas.
A suivre...