Bonjour à tous !
C'est pas un petit sujet dis donc

(désolé pour le long pavé qui suit)
Je dirais tout d'abord que biologiquement (anatomie et génétique) l'homme est un animal, c'est une catégorie. Il n'est ni un végétal, ni un minéral, ni une catégorie à part. C'est un être complexe, multicellulaire, qui a besoin de se nourrir d'autres organismes, en cela il est comme une éponge, comme un lézard, comme un dauphin, etc. Biologiquement rien ne le différencie du reste des autres animaux. Il est plus précisément une sous-catégorie des vertébrés, puis sous-catégorie des mammifères, puis sous-catégorie des primates (j'en ai surement oublié).
Mais de part ses capacités et son comportement l'homme n'est-il pas supérieur aux autres espèces, me direz-vous ? (oui ... je m'auto-interroge XD)
L'Animal et l'Homme me semble être des catégories construites.
Il suffit de se demander ce qu'on nomme Homme ?
Un être capable de raisonner, parfaitement conscient de ses actes, différenciant le bien du mal ? Dans ce cas, bien des être-humains, donc des êtres-vivants de notre espèce, ne correspondent pas à ces critères. Notamment certains handicapés mentaux, les nourrissons, voir les enfants, les personnes séniles, les personnes atteintes de troubles psychologiques, les personnes dans le coma ou en état léthargique. Tout le monde parmi notre espèce ne distingue pas parfaitement, et parfois même pas du tout, le bien et le mal.
Je vous laisse imaginer ce qu'on peut justifier comme action terrible, comme c'est parfois le cas et comme ça l'a souvent été, envers ces catégories de personne.
Ensuite l'Animal, qu'est-ce que c'est ?
Qu'est-ce qu'un verre, un pigeon et un gorille ont en commun ? Ils ont besoin de manger, de boire, de respirer, d'éliminer, de dormir, de se reproduire, de se défendre...comme nous.
Mais au niveau du comportement, de l'alimentation, du mode de vie ils n'ont rien à voir. Certains se rapprochent, mais à chaque fois chaque espèce à une spécificité, et même chaque groupe (quand il y a) et chaque individu. L'éthologie est une science qui permet d'ouvrir les yeux sur tout un monde que nous n'avons pas voulu voir, car il aurait fallu dès lors nous descendre de notre piédestal. Et c'est fascinant !
Quant on dit animal ou animaux ça ne réfère à rien du coup qu'à une catégorie biologique. On ne peut pas dire les "animaux", mais les chiens, les moutons, les gazelles, les crocodiles, les libellules, les protozoaires, etc. Car ils ont tous leurs spécificités, comme notre espèce. Ils n'ont pas tous le même degré de conscience, ils n'ont pas tous la même capacité émotive. Il faut dès lors comprendre que nous avons des capacités, les autres espèces aussi, elles sont parfois identiques, parfois à des degrés différents, parfois nous n'avons pas les mêmes. Telle espèce en a une que nous n'avons pas, nous en avons que telle espèce n'a pas.
Comme au sein de chaque espèce ces capacités même sont variables, comme au sein de la notre. Ça s'appelle des anomalies, des pathologies (quand c'est nocif), mais aussi "enfant" ou "vieillir".
Ainsi, pour te répondre Prunelle

, sur le sujet des tests, il est normal que les tests sur les autres espèces ne soient que peu valables, car même si nous sommes de la même catégorie biologique, nous avons des différences. Ainsi des tests faits sur des hamsters ne permettront pas de trouver des solutions médicales pour des dauphins, ni même des souris. J'aime bien cette exemple du cochon d'inde, si on avait testé l'aspirine sur eux, on en aurait déduit que c'était un produit mortel et l'arsenic un produit inoffensif
Déjà que d'un individu à l'autre il y a des variabilités (allergies, intolérances, anomalies, etc.), alors entre espèces, même proches...
Un livre intéressant sur ce sujet de Hélène Sarreseca : "Animaux cobayes et victimes humaines"
Les animaux une conscience ?
La
Déclaration de Cambridge sur la conscience a permis de donner une analyse neuroscientifique à ce que l'éthologie supposait fortement: " L’absence de néocortex ne semble pas empêcher un organisme d’éprouver des états affectifs. Des données convergentes indiquent que les animaux non-humains possèdent les substrats neuroanatomiques, neurochimiques et neurophysiologiques des états conscients, ainsi que la capacité de se livrer à des comportements intentionnels. Par conséquent, la force des preuves nous amène à conclure que les humains ne sont pas seuls à posséder les substrats neurologiques de la conscience. Des animaux non-humains, notamment l’ensemble des mammifères et des oiseaux ainsi que de nombreuses autres espèces telles que les pieuvres, possèdent également ces substrats neurologiques. »
Un petit lien, vous trouverez de nombreux articles très intéressant sur le sujet un peu partout dans les médias.
http://www.cahiers-antispecistes.org/sp ... article423La culture chez les autres espèces ?
Les autres espèces ont des cultures. Des oiseaux d'une même espèce à différent endroit d'un pays, d'un continent ou du monde n'ont pas exactement le même chant. Celui-ci varie sur plusieurs générations. Ils adoptent aussi des techniques différentes (comme celle qui permet de percer les bouteilles de lait en Angleterre, par des moineaux si je me souviens bien, ou encore celle qui consiste à laver les aliments avant de les manger chez une espèce de singe au Japon).
Je conseil l'ouvrage de Dominique Lestel (éthologue)
Les origines animales de la culture. Mes exemples viennent de cet ouvrage.
Les éthologues parlent parfois même de langage chez les grands primates et les cétacés:
http://www.futura-sciences.com/magazine ... gage-5914/http://www.maxisciences.com/chimpanz%E9 ... 32988.htmlLes émotions ?
Pendant longtemps on a parlé d'anthropomorphisme lorsque quelqu'un disait "émotions" en parlant d'autres espèces animales, mais c'était tout aussi subjectif que de dire que les animaux n'en avaient pas, car nous n'avions pas cherché à savoir si c'était le cas (je veux dire scientifiquement). Et puis on ne voyait des émotions que dans des comportements similaires aux nôtres, donc sans prendre en compte les comportements observés dans le milieu naturel de l'espèce, et l'environnement de l'individu observé. On croyait voir ou ne pas voir ainsi, et même la science n'était alors pas rigoureuse. (A ce sujet je conseil les bouquins de Vinciane Despret, philosophe et éthologue).
Aujourd'hui la multiplication des études et l'obligation de rigueur que la critique a imposée, ainsi que l'avancée des neurosciences permet d'établir qu'il est plus probable qu'une partie des autres espèces aient des émotions. Je dis probable car nous ne sommes pas dans leurs têtes ^^.
Il est de sorte quasi improbable que les autres espèces étudiées jusqu'ici n'en aient pas, c'est contraire aux études portées par l'éthologie et la neuroscience.
La morale et les règles:
On a bien souvent pensé que les autres espèces n'avaient pas de capacité à discerner le bien du mal, c'est-à-dire qu'ils agissaient uniquement en vertu de réflexes: boire, manger, survivre, se reproduire, se défendre, etc. Ou encore qu'il n'avait aucune règle au sein de leur groupe.
L'éthologie encore une fois nous a détrompé
Dans les groupes de primates, de loups ou encore de vaches et de mouton (pour les études que j'ai pu voir), il y a des règles (c'est ainsi dans tout groupe social de n'importe quelle espèce vu jusqu'ici, même les abeilles). Les individus qui ne se conforment pas à ces règles sont exclut.
Ces règles, comme parmi notre espèce, permet la periénisation du groupe.
Par exemple chez les loups, l'agressivité est tolérée à l'adolescence, mais une fois adulte l'individu sera chassé du groupe s'il continue à être agressif. Il n'y a pas non plus de mâle alpha et omega (étude basée sur une observation de deux semaines sur des loups en captivité pendant la seconde guerre mondiale - elle est dite obsolète en science). Mais selon des études plus approfondies, l'organisation d'un groupe est basé sur les compétences de chacun: chasser, surveiller, éclairer, materner, guider, etc.
Chez les vaches (tiré des livres de Jocelyn Porcher): l'étude est basée sur un troupeau de vache.
Je me souviens plus des détails, mais en gros dans ce groupe une ou trois vaches sont tyranniques avec les autres, le jour où elles sont devenues trop vielles pour tyranniser, elles se sont faites exclure (limité puisque dans un champ) et maltraitées par les autres.
L'auteur explique qu'il y a tout une organisation dans les troupeaux, chacun individu à un rôle. Il y en a un notamment qui est en lien avec l'éleveur. Il a été observé un cas où la dite vache qui avait se rôle ne pouvait accepter l'affection de l’éleveur, car si elle le faisait elle était dès lors ignorée des autres.
C'est des petits exemples qui m'ont frappé, tout ça pour dire que beaucoup des autres espèces s'organisent en société, qu'ils ont des règles, et qu'ils punissent les infractions. Chez les mammifères et oiseaux (les études sont très majoritairement portées sur ces deux catégories) lorsqu'on fait du mal à un congénère ou à un membre de son groupe l'action n'est pas tolérée (à moins de manquer de courage).
Ainsi, par exemple, si un chien mord un enfant, on ne peut pas dire
a priori que l'action est amoral, ni moral. Comme si on vous disait "cette femme a poignardé cet homme" vous ne diriez pas "oh le monstre" (enfin certain oui), mais "pourquoi ?"
C'est pareil pour les autres espèces (mammifères et oiseaux, à défaut d'études pour les autres). Un chien peut mordre pour plusieurs raison:
a- il souffre beaucoup, l'enfant a touché un endroit où il a très mal, il a mordu. Le chien n'avait pas forcement la volonté de faire mal, mais n'a pas contrôlé son geste sous l'effet de la douleur peut-être.
b- l'enfant le tyrannise depuis longtemps, il a surement grogné pour prévenir, l'enfant continue, il a aboyé, l'enfant continue, il a montré ses canines et d'autres comportements qui expliquent "si tu continues je te mords", l'enfant continue: il mord. Comportement logique chez cette espèce
c- le chien a été retiré tôt à sa mère, il n'a pas été éduqué. Les adoptants ou acheteurs ne connaissent rien aux comportements des chiens, ils agissent avec comme un enfant humain, et n'éduque pas le chien de fait, mais pire. Le chien finit par mordre un jour: soit sans savoir qu'il va faire vraiment mal, soit pour faire mal car on ne lui a pas enseigné que c'était mal.
d- le chien a des troubles psychologises ou neurologiques
J'ajoute une étude récente sur des chiens (je retrouve plus le lien !):
le test est fait sur trois groupes de 18 chiens, les chercheurs essaient de savoir si les chiens savent reconnaitre un comportement non amical avec leur maitre:
A- Le premier groupe à deux individu neutre qui apportent chacun une gamelle aux chiens, le second leur maitre et un individu social, le troisième le maitre et un individu asocial . A chaque fois les deux individus donnent une gamelle.
Sur les deux premiers les chiens mangent dans les deux gamelles, sur le troisième seul un chien a accepté de manger dans la gamelle de l'individu asocial, tous les autres ont refusés.
La plupart des autres espèces sont capables de ressentir de la culpabilité, où de s'opposer (directement ou non) à un acte immoral, c'est-à-dire qui cause de la souffrance à des êtres qu'ils apprécient, voir qu'ils ne voient que pour la première fois. C'est le résultat de la capacité à ressentir la souffrance et de la capacité d'empathie dont beaucoup d'animaux sont dotés.
Ainsi tout comme nous pouvons être bon, ils en sont capables, et tout comme nous pouvons être monstrueux, ils en sont capables.
Bref, au final pour répondre quand même ^^, l'humain est une espèce animale parmi tant d'autres, avec ses spécificités, comme les autres.
Je vais m'arrêter là, si on m'a lu c'est un miracle je crois !
